Le Quotidien du Midi


 

L’AP-HP reconnaît l’usage « inapproprié » d’un fichier recensant les « gilets jaunes » blessés

PARIS. Mercredi dernier, Le Canard Enchaîné révélait que les hôpitaux parisiens (photo/aphp.fr) recensaient les personnes blessées lors des manifestations des « gilets jaunes », dans un fichier appelé SI-VIC (Système d'Information pour le suivi des VICtimes), mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l'identification des victimes d'attaques. Une semaine après ces premières révélations et la publication ce jour par l’hebdomadaire satirique d’extraits de ce fichier, prouvant qu'il comporte des informations relevant du secret médical, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) publie un communiqué. Extraits : « Comme l’a déjà précisé l’Agence Régionale de Santé, SI-VIC est un dispositif national, géré par le ministère de la Santé, qui a pour objectif d’aider les autorités sanitaires à anticiper le nombre de blessés d’un évènement et ses conséquences pour l’organisation des hôpitaux, pour répondre aux besoins des patients. SI-VIC permet aussi aux hôpitaux d’anticiper des mesures de régulation des flux de blessés et d’organiser les équipes pour leur prise en charge. SI-VIC est une application utilisée en cas de « situations sanitaires exceptionnelles » (…) SI-VIC est déclenché à la demande de l´Agence Régionale de Santé, autorité sanitaire en la matière. Chaque événement ou manifestation fait l’objet d’une analyse spécifique visant à estimer ses conséquences sanitaires. Certaines manifestations de ces derniers mois ont été des événements sanitaires importants. Au total, ce sont plusieurs centaines de blessés qui ont été pris en charge dans les hôpitaux de l’AP-HP, les hôpitaux d’instruction des armées et les hôpitaux généraux proches (…) Le siège de l’AP-HP a visibilité de tous les établissements de l’AP-HP, l’ARS Ile-de-France sur la région, et le ministère de la Santé sur le pays. Aucune autre structure n’y a accès. Comme cela avait été fait dans d’autres circonstances où SI-VIC a été déclenché et comme dans d’autres hôpitaux, tous les services de l’AP-HP ayant reçu des victimes ont renseigné la base SI-VIC, ce qui a permis de pouvoir comptabiliser le nombre de blessés, de les localiser et de pouvoir mobiliser les services d’accueil d’urgences en fonction de l’afflux ou non de blessés. Au cours des premiers mois 2019, SI-VIC a été déclenché onze fois, trois fois pour des manifestations « gilets jaunes » et huit fois pour des incendies, explosions, intoxications dans une école… Dans l’immense majorité des cas, les informations renseignées dans SI-VIC comportent comme commentaire le mode d’entrée ou le mode de sortie ou des éléments évitant les erreurs d’identification des victimes. Cependant, à la suite des investigations conduites pour vérifier certains éléments parus dans la presse, il apparaît que les onglets « commentaires » de l’application ont pu être utilisés pour mentionner des éléments de nature médicale. Cette pratique n’a été identifiée que de façon marginale. A ce stade de nos investigations la case « commentaires » a été remplie de manière inappropriée pour rajouter des informations que les équipes pensaient utiles sur la nature de la blessure. Cette situation peut s’expliquer par le fait que le « mémo SI-VIC », élaboré par l’AP-HP dans le souci de pouvoir disposer des informations permettant d’une part de dimensionner et d’orienter le patient vers les ressources spécialisées disponibles, d’autre part, de faciliter l’identification des victimes, comporte un élément, sur la case commentaires, qui permet d’ajouter toutes les informations utiles concernant la pathologie ou le type de blessure, l’intitulé exact du service… ». Cette précision, qui avait été mentionnée dans un souci de bonne prise en charge des patients, n’aurait pas dû apparaître. Au contraire, il aurait dû être rappelé qu’aucune information médicale ne devait être saisie. Les instructions sont données pour corriger ces éléments ». (24/04/19)


L'Autorité de la concurrence veut assouplir la vente de médicaments

PARIS. L’Autorité de la concurrence veut assouplir partiellement et de manière strictement encadrée le monopole officinal pour autoriser la dispensation de médicaments (photo/www.e-leclerc.com) en parapharmacies et en grandes surfaces. Le secteur de la distribution du médicament fait face à des mutations profondes. Afin de maintenir le haut niveau de protection de la santé publique, garanti en France par le bon maillage et la qualité du réseau officinal, l'Autorité fait des propositions. Le code de la santé publique réserve la vente de médicaments et de quelques catégories de produits (certaines plantes médicinales, certaines huiles essentielles…) aux seuls pharmaciens et aux seules officines. Mais pour que les patients bénéficient d'une partie des retombées des efforts de modernisation de la profession, l’Autorité de la concurrence évoque un assouplissement partiel et strictement encadré. Sans remettre en cause le monopole pharmaceutique, elle propose une diversification limitée et très encadrée des lieux de distribution de médicaments afin d'améliorer l'accessibilité des produits concernés et de fournir une plus grande concurrence par les prix quand celle-ci est autorisée, au bénéfice du pouvoir d'achat du patient. Cette diversification encadrée viendrait ainsi compléter le maillage officinal, sans se substituer à ce dernier. Un tel assouplissement ne porterait que sur un nombre limité de produits et exclurait les médicaments à prescription médicale obligatoire. Seraient seulement concernés : les médicaments à prescription médicale facultative (traitements des maux de gorge, rhumes, plaies superficielles… ; les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (autotests de dépistage VIH, lecteurs de glycémie, dosage du cholestérol, tests de diagnostic pour la maladie de Lyme…) ; certaines plantes médicinales (inscrites à la pharmacopée) ; certaines  huiles essentielles jusque-là réservées à la vente en officine. Afin de garantir les impératifs de santé publique, la délivrance de ces médicaments et produits serait obligatoirement faite sous la responsabilité d'un pharmacien diplômé, en charge de délivrer médicaments et conseils sur toute l'amplitude horaire du lieu de vente (sur le modèle des réformes introduites en Italie et au Portugal). La vente de ces produits ne pourrait être effectuée que dans un espace dédié, bénéficiant d'une caisse enregistreuse séparée. (04/04/19)

En bref

ROUGEOLE. La rougeole a provoqué le premier décès en France en 2019 suite à une encéphalite annonce ce mercredi l'agence Santé publique France. Depuis le 1er janvier 2019, 350 cas de rougeole ont été déclarés (966 cas sur la même période en 2018), dont 100 (29%) hospitalisés (5 en réanimation), 27 (8%) compliqués de pneumopathies, 1 décès (encéphalite). 90% des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés. 51 départements ont déclaré au moins 1 cas au cours de la période. (13/03/19)
 
 
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