Le Quotidien du Midi


 

"Pacte de refondation des urgences" : 754 millions et des mesures pérennes pour soutenir les professionnels de santé

PARISLes mesures phares du « Pacte de refondation des urgences » ont été présentées ce lundi. 754 millions d’euros de crédits (photo/gouvernement.fr) seront consacrés jusqu’en 2022 pour mettre en place des transformations profondes et concrètes visant à inventer des organisations modernes, soutenir les professionnels de santé et ainsi, améliorer les soins pour tous dans notre pays. Ces dernières années, l’activité des urgences a connu une augmentation continue : le nombre de passages annuels a doublé en 20 ans, atteignant plus de 21 millions en 2017. « Malgré leur engagement sans faille, les professionnels souffrent (…) de ne pouvoir garantir en permanence, sous cet afflux, la qualité d’accueil et de prise en charge à laquelle ils sont attachés », souligne la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. Selon cette dernière, la situation des urgences exige « une refondation » permettant de « stopper le processus qui a conduit à la banalisation du passage par les urgences, faute d’un accès simple et facilité à un système de santé réellement adapté à la situation de chacun ». 12 mesures clé ont été annoncées : mettre en place dans tous les territoires un service distant universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le Service d’accès aux soins (SAS). D’ici l’été 2020, les Français disposeront d’un service disponible par différents canaux, que ce soit en ligne ou par téléphone, qui fournira l’information et l’orientation sur tout le territoire pour toutes leurs questions de santé ; renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet, maison et centre de santé ; donner à la médecine de ville les mêmes outils de prise en charge que les urgences ; offrir aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients ; généraliser des parcours dédiés aux personnes âgées pour éviter les urgences ; intégrer la vidéo à distance dans tous les SAMU ; mieux utiliser les compétences médicales et soignantes rares en graduant les services d’urgences et en réformant les transports médicalisés ; renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences ; lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical ; réformer le financement des urgences ; renforcer la sécurité des professionnels exerçant aux urgences ; fluidifier l’aval des urgences grâce à l’engagement de tous en faveur de l’accueil des hospitalisations non programmées. Le « Pacte de refondation » des urgences représente 754 millions d’euros de moyens supplémentaires engagés sur la période 2019-2022 au bénéfice des services d’urgences, des établissements de santé et des acteurs de ville du système de santé. Pour l’année 2020, cela représente des crédits supplémentaires de 150 millions d’euros. En incluant les 70 millions d’euros mobilisés dès juillet 2019 pour financer la prime urgences et les crédits estivaux exceptionnels ainsi que les financements déjà obtenus dans le cadre de Ma Santé 2022 pour certaines mesures, ce sera au total plus de 1 milliard d’euros qui sera consacré sur la période à la mise en oeuvre de ce pacte de refondation. 80% de ces moyens supplémentaires financeront des renforts, en ville comme à l’hôpital, de médecins et de soignants, dont la création du service d’accès aux soins représente la moitié. (09/09/2019)

L'expérimentation du cannabis thérapeutique autorisée

PARIS. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) déclare souscrire aux propositions du groupe d’experts publiées le 28 juin sur le cadre pratique de l’accès au cannabis à visée thérapeutique en vue d’une expérimentation en France. L’agence et le ministère des Solidarités et de la Santé engagent dès à présent les travaux nécessaires à la mise en place de l’expérimentation. Le Comité d’experts mis en place par l’ANSM en septembre 2018 avait pour mission d’évaluer l'intérêt thérapeutique du cannabis dans le traitement de certaines pathologies ou de certains symptômes. Il s’est attaché dans un premier temps à analyser la littérature scientifique et les expériences d’autres pays l'ayant déjà mis en place et a auditionné des patients et des professionnels de santé. L’ANSM a souscrit aux premières conclusions du Comité le 27 décembre 2018 et a indiqué être favorable à l’utilisation du cannabis à visée thérapeutique dans certaines indications. Par la suite l’ANSM proposait que l’accès à l’usage du cannabis à visée thérapeutique fasse l’objet dans un premier temps d’une expérimentation dont l’objectif principal serait d’évaluer, en situation réelle, le circuit de prescription et délivrance ainsi que l’adhésion des professionnels de santé et des patients à ces conditions. Son objectif secondaire serait de recueillir des premières données françaises d’efficacité et de sécurité. Dans ce contexte, le Comité s’est réuni dans un deuxième temps pour étudier les modalités de l’expérimentation et les a soumises aux différentes parties prenantes dont les associations de patients et les professionnels de santé. Les éléments les plus importants de cette proposition de cadre visent à sécuriser au mieux la prescription et le suivi des patients. Pour mettre en place et évaluer l’expérimentation, les experts recommandent par ailleurs la mise en place d’un Comité scientifique pluridisciplinaire composé notamment de représentants des patients et de professionnels de santé. A l’issue de la séance du 26 juin 2019, les experts du comité ont rendu leur avis définitif à l’ANSM sur le cadre pratique de l’accès au cannabis à visée thérapeutique en vue d’une expérimentation. Après analyse, l’ANSM entérine l’avis du Comité. L’agence s’engage dès à présent à préparer, avec les différents services de l’Etat concernés, les modalités techniques de mise en œuvre de l’expérimentation. (11/07/19)


 

Les médicaments homéopathiques ne seront plus remboursés au 1er janvier 2021

PARIS. La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn (photo/gouvernement.fr) a déclaré ce mercredi suivre l’avis de la Haute Autorité de Santé et engager la procédure de radiation des médicaments homéopathiques (photo/www.boiron.fr) de la liste des médicaments pris en charge par l’Assurance maladie pour une mise en œuvre au 1 er janvier 2021. Une étape intermédiaire est prévue pour permettre aux patients, aux industriels et aux prescripteurs de s’adapter. Au 1er janvier 2020, le taux de remboursement des médicaments homéopathique passera à 15 %. Agnès Buzyn recevra par ailleurs l’ensemble des acteurs concernés. En France, le bien fondé du remboursement des médicaments par l’assurance maladie est évalué par la Haute Autorité de Santé (HAS) afin de s’assurer qu’ils présentent un intérêt thérapeutique suffisamment important. La Commission de la transparence, composée d’experts indépendants, de la Haute Autorité de Santé a ainsi récemment évalué le service médical rendu par les médicaments homéopathiques, à la demande de la ministre. A partir de l’ensemble des données médicales et scientifiques disponibles, elle a mis en évidence que ces médicaments n’avaient ni démontré leur efficacité dans les affections pour lesquels des données sont disponibles, ni démontré leur intérêt pour la santé publique notamment pour réduire la consommation d’autres médicaments L’évaluation scientifique de la Haute Autorité de Santé a donc conclu que l’intérêt clinique de ces produits était insuffisant pour justifier leur prise en charge par la solidarité nationale. Conformément à ses engagements, la Ministre des solidarités et de la santé suivra l’avis de la HAS et initiera dans les prochains jours la procédure visant à radier les médicaments homéopathiques. Agnès Buzyn recevra les industriels, les associations de patients et les professionnels de l’homéopathie dans les prochains jours. Pour le laboratoire Boiron, "Aujourd'hui, 3 Français sur 4 qui ont eu recours à l'homéopathie au moins une fois dans leur vie, considèrent que les médicaments homéopathiques sont efficaces" et Boiron de poursuivre : "Avec le déremboursement, il pourra y avoir un transfert vers des médicaments plus coûteux pour la collectivité : le prix moyens des médicaments homéopathiques remboursables et de 2,70 € alors que le prix moyen des autres médicaments "conventionnels" est de 9,90 €". (10/07/19)


 

L’AP-HP reconnaît l’usage « inapproprié » d’un fichier « gilets jaunes »

PARIS. Mercredi dernier, Le Canard Enchaîné révélait que les hôpitaux parisiens (photo/aphp.fr) recensaient les personnes blessées lors des manifestations des « gilets jaunes », dans un fichier appelé SI-VIC (Système d'Information pour le suivi des VICtimes), mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l'identification des victimes d'attaques. Une semaine après ces premières révélations et la publication ce jour par l’hebdomadaire satirique d’extraits de ce fichier, prouvant qu'il comporte des informations relevant du secret médical, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) publie un communiqué. Extraits : « Comme l’a déjà précisé l’Agence Régionale de Santé, SI-VIC est un dispositif national, géré par le ministère de la Santé, qui a pour objectif d’aider les autorités sanitaires à anticiper le nombre de blessés d’un évènement et ses conséquences pour l’organisation des hôpitaux, pour répondre aux besoins des patients. SI-VIC permet aussi aux hôpitaux d’anticiper des mesures de régulation des flux de blessés et d’organiser les équipes pour leur prise en charge. SI-VIC est une application utilisée en cas de « situations sanitaires exceptionnelles » (…) SI-VIC est déclenché à la demande de l´Agence Régionale de Santé, autorité sanitaire en la matière. Chaque événement ou manifestation fait l’objet d’une analyse spécifique visant à estimer ses conséquences sanitaires. Certaines manifestations de ces derniers mois ont été des événements sanitaires importants. Au total, ce sont plusieurs centaines de blessés qui ont été pris en charge dans les hôpitaux de l’AP-HP, les hôpitaux d’instruction des armées et les hôpitaux généraux proches (…) Le siège de l’AP-HP a visibilité de tous les établissements de l’AP-HP, l’ARS Ile-de-France sur la région, et le ministère de la Santé sur le pays. Aucune autre structure n’y a accès. Comme cela avait été fait dans d’autres circonstances où SI-VIC a été déclenché et comme dans d’autres hôpitaux, tous les services de l’AP-HP ayant reçu des victimes ont renseigné la base SI-VIC, ce qui a permis de pouvoir comptabiliser le nombre de blessés, de les localiser et de pouvoir mobiliser les services d’accueil d’urgences en fonction de l’afflux ou non de blessés. Au cours des premiers mois 2019, SI-VIC a été déclenché onze fois, trois fois pour des manifestations « gilets jaunes » et huit fois pour des incendies, explosions, intoxications dans une école… Dans l’immense majorité des cas, les informations renseignées dans SI-VIC comportent comme commentaire le mode d’entrée ou le mode de sortie ou des éléments évitant les erreurs d’identification des victimes. Cependant, à la suite des investigations conduites pour vérifier certains éléments parus dans la presse, il apparaît que les onglets « commentaires » de l’application ont pu être utilisés pour mentionner des éléments de nature médicale. Cette pratique n’a été identifiée que de façon marginale. A ce stade de nos investigations la case « commentaires » a été remplie de manière inappropriée pour rajouter des informations que les équipes pensaient utiles sur la nature de la blessure. Cette situation peut s’expliquer par le fait que le « mémo SI-VIC », élaboré par l’AP-HP dans le souci de pouvoir disposer des informations permettant d’une part de dimensionner et d’orienter le patient vers les ressources spécialisées disponibles, d’autre part, de faciliter l’identification des victimes, comporte un élément, sur la case commentaires, qui permet d’ajouter toutes les informations utiles concernant la pathologie ou le type de blessure, l’intitulé exact du service… ». Cette précision, qui avait été mentionnée dans un souci de bonne prise en charge des patients, n’aurait pas dû apparaître. Au contraire, il aurait dû être rappelé qu’aucune information médicale ne devait être saisie. Les instructions sont données pour corriger ces éléments ». (24/04/19)


 

L'Autorité de la concurrence veut assouplir la vente de médicaments

PARIS. L’Autorité de la concurrence veut assouplir partiellement et de manière strictement encadrée le monopole officinal pour autoriser la dispensation de médicaments (photo/www.e-leclerc.com) en parapharmacies et en grandes surfaces. Le secteur de la distribution du médicament fait face à des mutations profondes. Afin de maintenir le haut niveau de protection de la santé publique, garanti en France par le bon maillage et la qualité du réseau officinal, l'Autorité fait des propositions. Le code de la santé publique réserve la vente de médicaments et de quelques catégories de produits (certaines plantes médicinales, certaines huiles essentielles…) aux seuls pharmaciens et aux seules officines. Mais pour que les patients bénéficient d'une partie des retombées des efforts de modernisation de la profession, l’Autorité de la concurrence évoque un assouplissement partiel et strictement encadré. Sans remettre en cause le monopole pharmaceutique, elle propose une diversification limitée et très encadrée des lieux de distribution de médicaments afin d'améliorer l'accessibilité des produits concernés et de fournir une plus grande concurrence par les prix quand celle-ci est autorisée, au bénéfice du pouvoir d'achat du patient. Cette diversification encadrée viendrait ainsi compléter le maillage officinal, sans se substituer à ce dernier. Un tel assouplissement ne porterait que sur un nombre limité de produits et exclurait les médicaments à prescription médicale obligatoire. Seraient seulement concernés : les médicaments à prescription médicale facultative (traitements des maux de gorge, rhumes, plaies superficielles… ; les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (autotests de dépistage VIH, lecteurs de glycémie, dosage du cholestérol, tests de diagnostic pour la maladie de Lyme…) ; certaines plantes médicinales (inscrites à la pharmacopée) ; certaines  huiles essentielles jusque-là réservées à la vente en officine. Afin de garantir les impératifs de santé publique, la délivrance de ces médicaments et produits serait obligatoirement faite sous la responsabilité d'un pharmacien diplômé, en charge de délivrer médicaments et conseils sur toute l'amplitude horaire du lieu de vente (sur le modèle des réformes introduites en Italie et au Portugal). La vente de ces produits ne pourrait être effectuée que dans un espace dédié, bénéficiant d'une caisse enregistreuse séparée. (04/04/19)

En bref

PHARMACIE. L’ Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé veut renforcer le rôle de conseil du pharmacien pour l’utilisation des médicaments contenant du paracétamol et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène et aspirine). Ainsi, l’ANSM souhaite que ces médicaments, toujours disponibles sans ordonnance, ne soient plus présentés en libre accès dans les pharmacies à compter de janvier 2020. Cette mesure viserait à sécuriser l’utilisation de ces médicaments. (03/10/2019)
 
 
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